Faut-il renoncer à sa promenade quotidienne quand on souffre de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et que l’on vit dans une ville à l’air chargé ? Une étude européenne menée par l’Institut de santé globale de Barcelone (ISGlobal), relayée cette semaine par Science et Vie, apporte une réponse plutôt rassurante : le bénéfice de la marche sur les crises respiratoires se maintient, quel que soit le niveau de pollution mesuré au domicile des patients.
Plan de l'article
Une étude menée dans cinq pays européens #
Les chercheurs ont suivi 262 personnes atteintes de BPCO au Royaume-Uni, en Espagne, en Belgique, en Suisse et en Grèce. Pendant sept jours, chaque participant a porté un capteur de mouvement qui enregistrait son nombre de pas, la durée de ses sorties et sa vitesse de marche, comme le détaille le compte rendu publié par News-Medical.
L’équipe a ensuite relevé les exacerbations, ces poussées modérées ou sévères de la maladie, sur deux ans, à partir des carnets tenus par les patients et de leurs dossiers médicaux. En parallèle, elle a estimé l’exposition de chacun à la pollution de l’air à son adresse sur les deux années précédentes : particules fines PM2,5, carbone suie, dioxyde d’azote et ozone. Les résultats ont été publiés dans la revue ERJ Open Research de la Société européenne de pneumologie.
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Environ 5 % de crises en moins par tranche de 1 000 pas #
Le résultat principal est simple à retenir. Chaque tranche de 1 000 pas supplémentaires par jour s’accompagne d’un risque de crise réduit d’environ 5 %. La vitesse compte aussi : marcher régulièrement plus vite que la moyenne des participants, qui se situait autour d’un mètre par seconde, est associé à un bénéfice encore plus marqué.
Surtout, ce lien entre marche et exacerbations plus rares tient quel que soit le niveau de pollution estimé au domicile. Selon la première auteure, Alícia Josa-Culleré, citée par Science et Vie, l’effet ne varie pas non plus selon le stade de la maladie. Autrement dit, même avec des poumons déjà fragilisés, rester actif reste préférable à l’inactivité.
Une association, pas une preuve de cause
Il s’agit d’une étude observationnelle : elle montre que les patients qui marchent davantage font moins de crises, sans démontrer à elle seule que la marche en est la cause. Les personnes les plus actives peuvent aussi être celles dont l’état général est le meilleur. Cette nuance est classique dans ce type de travaux et n’enlève rien à la cohérence du résultat avec les recommandations déjà données aux malades.
La pollution n’est pas pour autant sans effet #
Ces conclusions ne signifient pas que l’air pollué est inoffensif pour les bronches. Judith Garcia-Aymerich, qui a supervisé l’étude, rappelle que marcher dans un secteur saturé de circulation peut accentuer les symptômes respiratoires du jour, comme la toux. Les auteurs conseillent donc, lorsque c’est possible, de choisir les itinéraires les moins exposés : parcs, rues calmes, trajets à l’écart des grands axes.
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Les niveaux de pollution mesurés dans l’étude dépassaient les valeurs recommandées par l’Organisation mondiale de la santé. Les chercheurs soulignent d’ailleurs que réduire l’exposition reste souhaitable, la pollution de l’air étant liée à de nombreux problèmes de santé. Mais entre bouger dans une ville polluée et ne pas bouger du tout, la première option apparaît nettement préférable.
Les limites reconnues par les auteurs
L’échantillon reste modeste, ce qui a pu masquer de petites différences entre groupes. Et les villes étudiées, situées en Europe, ne comptent pas parmi les plus polluées de la planète. Les chercheurs jugent donc nécessaire de vérifier ces résultats dans des zones beaucoup plus exposées avant d’en tirer une consigne universelle.
Ce que l’on peut en retenir au quotidien #
Pour les personnes atteintes de BPCO, le message est encourageant : la marche régulière reste un allié, y compris en ville. Quelques réflexes de bon sens permettent d’en profiter en limitant l’exposition. On peut privilégier les espaces verts et les rues peu fréquentées plutôt que les grands boulevards, consulter l’indice de qualité de l’air de sa région pour décaler sa sortie lors des pics annoncés, et augmenter progressivement le nombre de pas plutôt que de viser d’emblée de longues distances.
Chaque situation reste particulière. Le rythme de marche, la durée des sorties ou la conduite à tenir en cas d’essoufflement inhabituel doivent être discutés avec son médecin traitant ou son pneumologue, qui peut aussi orienter vers un programme de réhabilitation respiratoire adapté.
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Cette étude rejoint une idée qui gagne du terrain en santé environnementale : protéger sa santé respiratoire ne passe pas seulement par l’évitement des polluants, mais aussi par le maintien d’une activité physique régulière, adaptée à ses capacités.




